Les Essais

la feuille essaie
de rentrer dans les Essais
œuvre posthume

feuille à feuille
les deux pigeons tendrement
à livre ouvert
歩きつづける彼岸花咲つづける
arukitsuzukeru
higanbana sakitsuzukeru
et comme le lycoris* continue de fleurir
je continue de marcher
* la fameuse fleur d'équinoxe.

Ce livre illustré de calligraphies et de haïgas est le troisième de l'Atelier Manda. Après Bashô, voici Santoka, le moine itinérant. De très belles calligraphies de Shôtei Ibata et de beaux haïgas de Manda.
Santoka, libre comme les nuages et l'eau, ne fait plus qu'un avec la nature, et rompt ainsi avec les règles et formes préétablies du haïku. Le rythme créé par l'absence de règle dans la structure de ses haïkus et la répétition des mêmes mots engendrent une simplicité mais surtout une puissance sonore qui donnent à ses poèmes leur caractère unique. Voyageur au cœur emprunt de l'essence du zen.
N° ISBN 2-9523257-2-3 - Atelier Manda 2008

生死の中の雪ふりしきる
seishi no naka no yuki furishikiru
entre vie et mort
neige qui neige
encore encore

la lune s'applique
au-dessus du réverbère
à garder sa hauteur
~
trajectoire
la lune à l'écart
du réverbère
Un magnifique mot de saison !
Mizusumu 水澄む eau virginale. « Lorsque les pluies d'automne se sont tues, et que la saison des typhons s'est éloignée, de jour en jour, on observe que les cours d'eau gagnent en pureté, en calme, en fraîcheur. Au fur et à mesure que s'approche le déclin de l'automne, il semble même que l'eau change de nature.
Que ce soit les torrents bondissant dans les montagnes, le filet des rigoles se tortillant autour des habitations humaines, ou les petits ruisseaux qui parcourent les rizières, à chaque automne, la faculté des eaux à s'éclaircir, à se décanter, est la marque d'une inépuisable et prodigieuse capacité de la nature à refaire, une fois encore, le cycle de l'eau.
La qualité de l'eau est devenue un révélateur du comportement humain face à son environnement. On a pu récemment se réjouir d'une prise de conscience grandissante à propos de la pureté de l'eau, notamment celle qui, indispensable à la vie, traverse sous forme de cours d'eau les agglomérations urbaines et leurs banlieues, comme la rivière Yodo à Osaka, Kamo à Kyôtô ou la Sumida à Tôkyô. »
Awano Seiho
水澄みて金閣の金さしにけり
mizusumite / kinkaku no kin / sashini keri
chaste miroir
les ors du Temple d'or*
dans l'eau
* Kinkakuji à Kyôto
Yagisawa Kôgen
水澄みて黒の鯉までかくれなし
mizusumite / kuro no koi made / kakure nashi
à la clarté des eaux
même les carpes brunes
ne peuvent se cacher
A l'ouest blanchit la lune, grand almanach poétique japonais livre IV - L'Automne, traduit et adapté par Alain Kervern (Éditions Folle Avoine, 1992).