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CHICHINPUIPUI

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24 février 2009

Fuyu no mushi, insectes d'hiver

冬の虫 fuyu no mushi : Insectes d’hiver
Le mot insecte évoque d’abord l’automne, car cette époque de l’année est marquée par leurs chants nombreux et incessants. Et puis, au fur et à mesure que décline la saison, les chants s’amenuisent. À la fin de l’automne, les rares insectes qui survivent dans quelques touffes d’herbes laissent échapper des crissements pitoyables. Cette détresse des insectes qui râlent est toute contenue dans cette expression très sobre : « insectes d’hiver ». Il existe aussi l’expression « insectes survivants », plus explicite, où se manifeste la compassion des hommes pour les bestioles les plus modestes de la terre.

La recherche de l’effet poétique a engendré des mots de saison comme « les insectes du grand âge » mais parler des « insectes à la voix cassée » fait expressément référence à l’état misérable dans lequel ils se trouvent. Dernier stade de leur vie, on parle aussi des « insectes exténués » quand ils ne peuvent même plus se faire entendre.

Parmi les histoires que recueillit le fameux Lafcadio Hearn (de son nom japonais Koïzumi Yaogumo), il en est une qui évoque avec tristesse l’existence d’un « criquet des herbes » (Cystoxiphus ritsemae) de sa venue au monde à sa fin.

鳴く力たまれな鳴きぬ冬の虫
Naku chikara tamarena nakinu fuyu no mushi

Tant qu’il avait des forces
Il chantait
Le grillon d’hiver

Takeuchi Bujô 竹内武城

火と水のいろ濃くなりて冬の虫
Hi to mizu no iro kokunarite fuyu no mushi

Le feu et l’eau dedans
Ont des teintes d’hiver
Dehors un cri d’insecte

Hasegawa Sôgyo 長谷川双魚

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11 février 2009

Possibles futurs, de Guillevic

Le soir

Dire
Quand commence le soir -

Le passage du soir
À la nuit
est plus marqué,

Le soir
S'aperçoit surtout
À sa disparition

*

Essaie de voir

Naître le moment
où se fait le passage.

Pour cela
les oiseaux t'aideront
Car eux, ils savent.

*

Les canards
regagneront la terre.

Révélateur précoce :
Le coucher de la basse-cour.

La chauve-souris
N'interviendra

Que lorsque le soir
sera installé,

Alors, le hibou sentira
Qu'il entre dans son règne

Et que va s'ouvrir
Ce qui l'entoure

*

Le plus étonnant
C'est la lumière

Elle s'éteint
et n'en souffre pas

La roche en veut
Au soleil qui la travaille.

Elle va pouvoir enfin
Se fermer davantage sur elle

*

Le soir
Paraît éprouver
De la tendresse
Pour les frondaisons

Les feuilles commencent
À se reposer.
Elles s'alourdissent,
Pensent à elles-mêmes.

*

...

De son enveloppement
Le soir
n'exclut personne.

Il ferait plutôt
se retrouver certains.

...

(Poésie/Gallimard, 2007).

10 février 2009

la lune voilée

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la lune voilée
se prépare pour la nuit
jour de noces

8 février 2009

pattes enfoncées

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pattes enfoncées
la grive en position
du chasse-neige

7 février 2009

perle de nuit

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perle de nuit
dans son écrin couronné
la lune baroque

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4 février 2009

Le mimosa

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le mimosa
sur le passage piéton
à cloche-pied

31 janvier 2009

La mante religieuse fanée : tôrôkareru 螳螂枯る

螳螂枯る Tôrôkareru Mante religieuse fanée. Après la période de la reproduction, la femelle de la mante religieuse dévore le mâle qui est de taille plus petite, en commençant par la tête de sa victime. L’environnement végétal de la mante religieuse se dessèche avec l’hiver, et l’insecte prend alors la couleur des plantes, passant du vert à des tons bruns et jaunes, dans le souci de se confondre toujours, avec l’endroit où il se trouve, par mesure de sécurité.

Lorsque par hasard on surprend une mante religieuse immobile, de la même couleur que l’herbe roussie par le gel où elle se cache, on pourrait se demander si elle est toujours en vie. Mais soudain, un déclic et elle s’enfuit.

螳螂の眼の中までも枯れ尽す
tôrô no me no naka made mo karetsukusu

jusque dans les yeux
de la mante religieuse
les couleurs de l’herbe fanée

Yamaguchi Seishi

石に落ちて小枝となりし枯螳螂
ishi ni ochite koeda to narishi karetôrô

tombée sur une pierre
brindille devenue
mante aux teintes fanées

Kôno Nankeï

p.21, Le vent du nord, traduit par Alain Kervern (Folle Avoine, 1994).

17 janvier 2009

Zazamushi ザザ虫

Les zazamushi sont des larves vivant sous les pierres des rivières au débit moyen. Ces animaux benthiques doivent leur nom à l’onomatopée zâzâ du bruit que fait le courant d’une rivière peu profonde en passant sur les pierres qui émergent. Ils sont également appelés kawamushi, « mushi de rivière », et autrefois, on les nommait kawagera, « courtilières de rivière ».

Les zazamushi sont pêchés, de décembre à février, dans la vallée de Ina, avec « bottes à raquettes pointues » (afin de ne pas glisser sur les pierres, et de les retourner pour en déloger les zazamushi) et filet carrelet. Leur pêche constitue un travail d’appoint non négligeable à une époque où les travaux des champs et de la construction occupent peu les hommes. Les zazamushi sont consommés en tsukudani*. Constituant une des spécialités culinaires de la région, ils sont vendus comme souvenir typique de lna. Dans d’autres parties du Japon (départements de Gifu et Aichi), on les utilise également comme appât pour la pêche.

Zazamushi est un mot de saison de l’hiver. Ce terme générique englobe les insectes appartenant aux O. des perles, trichoptères, éphémères, magéloptères, névroptères ; on y trouve aussi de petits crustacés (gammare, aselle), des poissons (gobie), des verts, etc.

ためらいつざざ虫に箸つけにけり
tameraitsu zazamushi ni hashi tsuke ni keri

En hésitant, approcher les baguettes des zazamushi

[Katayama Keitôshi 片山鶏頭子]


* tsukidani : mode de préparation culinaire (concernant divers produits, tels poissons, algues, légumes) qui consiste en une longue cuisson des ingrédients jusqu'à ébullition dans le shôyu (sauce à base de soja fermenté) et le sucre, auxquels on ajoute un peu de mirin (sake doux utilisé en cuisine).

16 janvier 2009

Regards de femmes, collectif

Regards_de_femmesRegards de femmes

dirigée par Jannick Belleau
coédition Adage (Montréal)
Association française de haïku (Lyon, France)
ISBN 978-2-921956-30-7

 

 

 

Ce recueil de haïkus, regard au féminin, aborde les thèmes de l’amitié, de la famille, des passages de la vie, de la société et de la planète. Les auteures de tous horizons : France, Québec, Colombie-Britannique, Manitoba et Nouveau-Brunswick, Belgique, Algérie, île de la Réunion, Tunisie, Chine, Inde ou États-Unis d’Amérique. Çà et là, des illustrations et des photographies évocatrices, sinon inspiratrices des poèmes.

L'amitié... toujours

elle arrive chez moi
à dos de carte postale
l'amie voyageuse

[Lucienne Piché, Québec]

La famille... les générations

tonnerre dans la nuit -
sur mon visage exsangue
sa petite main

[Amel Hamdi Smaoui, Tunisie]

à l'hôpital
je peigne ses cheveux blancs -
maman si emmêlée

[Maxianne Berger, Québec]

Les passages de la vie... les âges

le sable
entre ses doigts tout petits
fuit fuit fuit...

[Dominique Champollion, France]

moi à vélo
elle en déambulateur
entre nous le temps

[Hélène Bouchard, Québec]

La société... sans fard

métro corps à corps
bref instant de connivence
- changer de rame ?

[Anick Baulard, France]

rue de Montréal
deux Inuits couchés
dans la neige

[Carole Melançon, Québec]

station-service
une vieille barque fleurie
- panne sèche

[Chantal Couliou, France]

La planète... son avenir

 

 

 

 

allume les bougies
laisse reposer la planète
quelques minutes

[Cathy Raynal, France]

jour de la Terre
l'enfant donne un câlin
au globe terrestre

[Jessica Tremblay, Québec]

me lavant les dents
je pense à couper l'eau - las !
le robinet fuit

[Catherine Belkhodja, France]

Thème libre... au gré du temps

le long de mon bras
une chenille grimpe
son Himalaya

[Huguette Ducharme, Québec]

mes doigts dans l'eau
le temps passe
et la rivière

[Louve Mathieu, Québec]

écran portable
un flocon de neige fond
message brouillé

[nekojita, France]

etc. etc. etc. et beaucoup d'autres encore. Un beau livre ! Après les haïjins japonaises de D. Chipot, voici les haïjins francophones. Une très belle sélection et un beau travail de mise en page de Jannick Belleau.

Une présentation de cet ouvrage sera faite à Paris, par Jean Antonini, président de l'AFH,
samedi 24 janvier à 19h30.

Lucarne des écrivains
115, rue de l'Ourcq - 75019 Paris
tél. 01 40 05 91 29
fax. 01 40 05 91 51

lalucarne@alicepro.fr

15 janvier 2009

Promenade dominicale

IMG_4553b

étang mi-gelé
les promeneurs du dimanche
autour des canards

~

IMG_4550b

étang glacé
le canard hydrocéphale
sous sa moumoute

~

la glace craque
les oies et les canards
se jettent à l'eau

~

étang de glace
les oies bernaches
se mirent dans l'eau

IMG_4547b

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