Buson
温泉の底に
我足見ゆる
けさの秋
onsen no soko ni
ware ashi miyuru
kesa no aki
au fond de la source chaude
je vois mes pieds
matin d'automne
温泉の底に
我足見ゆる
けさの秋
onsen no soko ni
ware ashi miyuru
kesa no aki
au fond de la source chaude
je vois mes pieds
matin d'automne
鳥鳴いて
赤き木の実を
こぼしけり
tori naite / akaki ko-no-mi o / koboshi keri
L’oiseau en chantant
a fait tomber par terre
une baie rouge
膝節の
古びも行くか
秋の風
hizabushi no / furubi mo yuku ka /aki no kaze
mes pauvres rotules
partirez-vous à votre âge
au vent de l'automne ?
落葉ふみくるその足音は 知つてるる
ochiba fumikuru sono ashioto wa shitte iru
ce bruit de pas
foulant les feuilles mortes
je reconnais
水底の
岩に落ちつく
木の葉かな
minasoko no / iwa ni ochitsuku / konoha kana
au fond de l'eau
reposent sur la roche
les feuilles mortes
我が命
菊に向かいて
静かなる
waga inochi / kiku ni mukaite / shizukanaru
ma vie
devant ce chrysanthème
se tait soudain
亡骸や
秋風通う
鼻の穴
nakigara ya / akikaze kayou / hana no ana
cadavre -
le vent de l'automne souffle
dans ses narines
Mayu, née à Tôkyô en 1982, diplômée de l'université de Waseda, section littérature. 1982年東京生まれ。早稲田大学第一文学部卒業.
Ses tanka reflètent les pensées et les préoccupations d'une jeune japonaise au 21e siècle (amour, mort, actualité, désir de vivre...), l'absence de la mère, ses amours, ses réflexions sur la vie en général.
Divagations sur la vie quotidienne
やらなくちゃいけないことはあるけれど
やらないことを[暇だね]と言う
yaranakucha ikenai kotowa aru keredo
yaranaikoto o [himadane] to iu
Il y a toujours beaucoup à faire
comme on ne le fait pas
On dit "j'ai du temps libre"
La nécessité du téléphone portable
傍にいて遠いと感じる君の顔
携帯に捧ぐ安い微笑み
soba ni ite tooi to kanjiru kimi no kao
keitai ni sasagu yasui hohoemi
tu es à côté de moi
ton visage semble lointain
tu souris négligemment vers ton portable
L'animal
自らの死を受け入れた道端の
猫は静寂をニャオと切り裂く
mizukara no shi o ukeireta michi bata no
neko wa shijima o niao to kirisaku
sur le bord de la route
un chat qui a accepté sa mort
miaou !
son cri perçant déchire le silence
La famille
あの女の記憶になろう私たち
父が確かに愛した母の
ano hito no kioku ni narou watashitachi
chichi ga tashikani aishita haha no
on va devenir le souvenir de cette femme
que notre père a véritablement aimé
Essai sur l'amour
あなたとの時間で広がるブラックホール
[別れる] だとか[退屈] だとか
anata to no jikande hiroigaru burakku horu
"wakareru" datoka "taikutsu" datoka
le temps passé avec toi
fait s'élargir le trou noir
"se séparer" ou "s'ennuyer"
*
君ん家に置きっぱなしの小説は
二人がヨリを戻す口実
kimin chi ni okippanashi no shôsetsuwa
futari ga yori o modosu kôjitsu
les romans que j'ai laissés chez toi
sont un prétexte pour nous réconcilier
Vivre
何時も一人涙で染めてた夕暮れは
今は遥かなノスタルジア
itsumo hitori namidade someteta yûkure wa
imawa harukana nostalagia
toujours seule,
les larmes me montaient aux yeux chaque soir
maintenant, c'est déjà une lointaine nostalgie
*
銃創に気づかず今も飛んでいる
すつかり体 穴ぼこだらけで
jyûsô ni kizukazu imamo tonde iru
sutsukari karada anabokodarakede
on ne se rend pas compte de ses blessures
le corps criblé de trous
on continue de voler
* [/1] Bunboichi [Dénominateur UN !] est traduit par Akiko Agui, Irène Bogdanovic (2007). ISBN978-4-434-10484-8
champs-élysées -
les portes du métro s'ouvrent
sur Chikurei
*
蓬萃や
障子明くれば
日の光り
hôsui ya / shôji akureba / hi no hikari
les champs élysées !
Au moment où j'ouvre la porte coulissante
le soleil du nouvel an
家はみな白髪に杖や墓参り
ke wa mina / shiraga ni tsue ya / hakamairi
toute la famille
têtes blanches et cannes
se rend au cimetière