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26 février 2010

gris du jour

gris du jour
pris par la folie
des parapluies

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26 février 2010

ciel renversé

ciel renversé
sur l’ombre du soleil
les âmes avancent

25 février 2010

les gouttières

les gouttières
chantent sous les toits
nuage en eau

25 février 2010

les gouttes d’eau

les gouttes d’eau
enfermées dans mes notes
retour au bureau

25 février 2010

remontée de canards

鴨が日に上るを見てり石に坐し
kamo ga hi ni noboru o miteri ishi ni zashi

remontée de canards (au soleil)
c’est tout ce que je regarde
assise sur une pierre

kigo original : 魚が氷に上る

IMG_5137c

dans le bassin vide
les canards attendent
la montée des eaux

IMG_5138c

canards
dans les allées
avec la pluie

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25 février 2010

pluie bienvenue

桐の木に諸鳥こぞる雨水かな

kiri no ki ni shiotori kozoru usui kana

pluie bienvenue
les oiseaux ruissellent
sous le paulownia

24 février 2010

berge au soleil

berge au soleil
la mésange se distingue
de la rumeur

23 février 2010

jardin d’enfants

jardin d’enfants
les parents sur le chemin
du manège

23 février 2010

la petite fumée

la petite fumée
conduit vers le nuage
route dégagée

21 février 2010

Haïkus, etc. suivi de 43 secondes

Philippe Forest écrit :

[…] Une deuxième idée fausse concerne l’isolement total qui entourerait le haïku. Elle tient à la manière dont ces poèmes nous parviennent le plus souvent en Occident, cités solitairement ou bien recueillis dans des anthologies qui effacent tout du contexte dans lequel ces textes furent originellement insérés1. Le lecteur occidental s’imagine ainsi que le haïku se suffit à lui-même, qu’il ne se rapporte à rien qui lui soit extérieur. Il en déduit qu’il est solidaire d’une esthétique obsidionale de l’expression littéraire. Rien n’est plus erroné également. Au lieu d’opposer prose et poésie, la littérature japonaise les conçoit ensemble. La prose intègre en elle-même le poème qui le suspend. Le poème appelle à lui la prose qui l’enveloppe. […]

Plus loin, il ajoute […] Pour ma part, je ne connais qu’un écrivain occidental à l’avoir compris et avoir produit dans l’une de nos langues quelque chose qui s’en approche. Il s’agit de Jack Kerouac dans The Dharma Bums.

1. référence aux journaux poétiques de Bashô et Issa : Oku no hosomichi pour Bashô et Ora ga haru pour Issa.

Éditions Cécile Defaut, 2008. ISBN 978-2-35018-0668-7

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