CHICHINPUIPUI

instants choisis

mardi 13 novembre 2007

Tanka d'une jeune fille de 20 ans : MAYU (Bunboichi)

Mayu, née à Tôkyô en 1982,  diplômée de l'université de Waseda, section littérature. 1982年東京生まれ。早稲田大学第一文学部卒業.

Ses tanka reflètent les pensées et les préoccupations d'une jeune japonaise au 21e siècle (amour, mort, actualité, désir de vivre...), l'absence de la mère, ses amours, ses réflexions sur la vie en général.

Divagations sur la vie quotidienne

やらなくちゃいけないことはあるけれど
やらないことを[暇だね]と言う

yaranakucha ikenai kotowa aru keredo
yaranaikoto o [himadane] to iu

Il y a toujours beaucoup à faire
comme on ne le fait pas
On dit "j'ai du temps libre"

La nécessité du téléphone portable

傍にいて遠いと感じる君の顔
携帯に捧ぐ安い微笑み

soba ni ite tooi to kanjiru kimi no kao
keitai ni sasagu yasui hohoemi

tu es à côté de moi
ton visage semble lointain
tu souris négligemment vers ton portable

L'animal

自らの死を受け入れた道端の
猫は静寂をニャオと切り裂く

mizukara no shi o ukeireta michi bata no
neko wa shijima o niao to kirisaku

sur le bord de la route
un chat qui a accepté sa mort
miaou !
son cri perçant déchire le silence

La famille

あの女の記憶になろう私たち
父が確かに愛した母の

ano hito no kioku ni narou watashitachi
chichi ga tashikani aishita haha no

on va devenir le souvenir de cette femme
que notre père a véritablement aimé

Essai sur l'amour

あなたとの時間で広がるブラックホール
[別れる] だとか[退屈] だとか

anata to no jikande hiroigaru burakku horu
"wakareru" datoka "taikutsu" datoka

le temps passé avec toi
fait s'élargir le trou noir
"se séparer" ou "s'ennuyer"

*

君ん家に置きっぱなしの小説は
二人がヨリを戻す口実

kimin chi ni okippanashi no shôsetsuwa
futari ga yori o modosu kôjitsu

les romans que j'ai laissés chez toi
sont un prétexte pour nous réconcilier

Vivre

何時も一人涙で染めてた夕暮れは
今は遥かなノスタルジア

itsumo hitori namidade someteta yûkure wa
imawa harukana nostalagia

toujours seule,
les larmes me montaient aux yeux chaque soir
maintenant, c'est déjà une lointaine nostalgie

*

銃創に気づかず今も飛んでいる
すつかり体 穴ぼこだらけで

jyûsô ni kizukazu imamo tonde iru
sutsukari karada anabokodarakede

on ne se rend pas compte de ses blessures
le corps criblé de trous
on continue de voler

* [/1] Bunboichi [Dénominateur UN !] est traduit par Akiko Agui, Irène Bogdanovic (2007). ISBN978-4-434-10484-8

Posté par chichin à 15:40 - COUPS DE CŒUR - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Bonjour,

Je suis encore assez peu familier des tanka. Ceux de Mayu sont vraiment intéressants (thèmes modernes, utilisation du japonais quotidien, vers très joliment tournés...): je ne savais pas que des poètes japonais modernes étaient traduits en français. Merci de nous faire partager tes découvertes...

chris

PS: au premier poème, tu as tapé やらなくやいけない "yaranakuya...". N'y aurait-il pas un "cha" ちゃ?

Posté par chris, mercredi 14 novembre 2007 à 12:59

konnichiwa クリスチャン

heureusement que tu es là pour corriger mes erreurs. Merci, la rectification est faite.
J'ai effectivement trouvé intéressant les thèmes abordés dans le langage courant. Ca change du 17e siècle... et ça parle plus de modernité.

amitiés nekoesques =^..^=

Posté par chichin, mercredi 14 novembre 2007 à 14:42

Bonjour matinal,

et merci

Jean-Claude

Posté par ganesh, jeudi 15 novembre 2007 à 07:33

dô itashimashite

pas de quoi JC. bonne journée, neko =^..^=

Posté par chichin, jeudi 15 novembre 2007 à 09:23

A propos de ce livre

Bonjour je connais personnellement l'auteur (la mère de Mayu) à Tokyo et je voulais vous remercier pour rendre hommage à cet ouvrage.

Ce recueil reflète fidèlement l'humeur de Mayu, et sa difficile traduction (par la mère de Mayu qui parle francais aidée d'une Francaise) a demandé de longs mois de travail.

Effectivement, des tanka traduits en francais sont chose rare, ce livre en est d'autant plus intéressant.


Yves

Posté par Yves, samedi 16 février 2008 à 02:33

Bonjour Yves

votre témoignage sur l'auteure et la traduction faite par sa mère est très intéressant. Je sais combien il est difficile de traduire sans dénaturer les propos. Dommage qu'il n'y ait pas plus d'ouvrages traduits en français avec la version originale, ce qui permet de saisir la sonorité de la langue. Merci pour votre passage. Amicalement. neko =^..^=

Posté par chichinpuipui, samedi 16 février 2008 à 13:55

Le tanka contemporain

Bonjour,

Directeur de la revue du tanka francophone, je découvre avec délice cette jeune poètes japonaise et si ses traductrices/traducteurs veulent bien lui demander l'autorisation de les publier dans notre revue ce sera avec grand plaisir. Nous écrire pour le confirmer à notre adresse de courriel :
ecrire@revue-tanka-francophone.com

Et voir notre site :
http://www.revue-tanka-francophone.com où nous avons déjà publié avec son autorisation des textes d'une autre poète du tanka contemporain : Machi Tawara.

Patrick

Posté par Patrick Simon, mardi 25 mars 2008 à 22:22

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