mardi 10 novembre 2009
le geai

le geai s'attarde
au pied du cornouiller
one-bird-show
ta ta sans ratata
la tatin qu'il a tatée
lui a-t-il ôté sa toux
assemblée

assemblée
les gouttes réunies
sur la feuille
lundi 9 novembre 2009
Deux cœurs cadenassés

Marie aime Martial
Martial aime Marie
impartiale
encore fut-il nécessaire
qu'ils cadenessassent leur amour
vérouillassent le code
et brouillassent les chiffres
parcelles de vie
parcelles de vie
les feuilles un an après
tombent encore
sur l’eau la pluie
sur l’eau la pluie
la pluie sur ma tête
les pieds dans l’eau
bandes fraîches
bandes fraîches
les piétons à saute-mouton
sur le passage
le bonheur des savonniers
"la grippe, elle mérite qu'on lui passe un savon" (Pub)
~
grondement souterrain
l'immeuble à peine secoué
s'agrippe au savon
dimanche 8 novembre 2009
Mékong, d'après photos
Quelques impressions d'après des photos exposées sur les grilles du Luxembourg. Le Mékong traverse six pays : la Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. Ce grand fleuve gonflé par la mousson où flottent des arbres déracinés, ce lieu de pêche qui fait sourire celui qui capture un poisson-chat, ses plaines aquatiques où les maisons en paillotte sont sur pilotis comme des radeaux sur l'eau et où les jonques se côtoient dans la promiscuité.
petits cambodgiens
dans l’eau pure d'une cascade
mes cheveux mouillés
~
bouddha couché
toute la fatigue des hommes
sur le gardien
~
sous l’auvent
l’enfant tend la main
à la pluie
~
sur le tronc flottant
deux enfants déboussolés
en équilibre
samedi 7 novembre 2009
camouflage

nekojite
nekojite en vain
rien ne vient
Couvre-feu, de Paul Eluard
Que voulez-vous la porte était gardée
Que voulez-vous nous étions enfermés
Que voulez-vous la rue était barrée
Que voulez-vous la ville était matée
Que voulez-vous elle était affamée
Que voulez-vous nous étions désarmés
Que voulez-vous la nuit était tombée
Que vouliez-vous nous nous sommes aimés.
vendredi 6 novembre 2009
à l'ouest du pont
à l'ouest du pont
la lune en plein voyage
fumées matinales
~
la lune m'attend
à la sortie de la maison
une belle journée
~
côte à côte
la lune et le reflet
du soleil
~
la lune
éblouie par le reflet
du soleil
une feuille
une feuille tombe
sur le carnet à souches
de l'auxiliaire
le don du sans
avec beaucoup de sang-froid
je donne mon sentiment à autrui
même s’il est incompatible
au risque d'éclater en sanglots
car je ne suis pas sans-cœur
mais je gagnerai à donner mes cendres
puisqu’il me sera rendu au centuple
inutile de me faire un sang d'encre
elle a déjà assez coulé
le poncire
le poncire
jaloux de ses fruits
piqûre
jeudi 5 novembre 2009
Sur le chemin de la mort, de Henri Michaux
Sur le chemin de la Mort,
ma mère rencontra une grande banquise ;
elle voulut parler,
il était déjà trop tard,
une grande banquise d'ouate.
Elle nous regarda, mon frère et moi,
et puis elle pleura.
Nous lui dîmes – mensonge vraiment absurde – que nous comprenions bien.
Elle eut alors ce si gracieux sourire de toute jeune fille,
qui était vraiment elle,
un si joli sourire, presque espiègle ;
ensuite, elle fut prise dans l'Opaque.
le vent
le vent se rit de l'eau
le vol-au-vent du veau
Sur le bassin
sur le bassin
la voile vendéenne
du fier petit-fils
mercredi 4 novembre 2009
détour du jour
détour du jour
les chalets de Noël
prennent place









