Poncirus en fleur

sur fond gris
les petites fleurs blanches
du poncirus
Une visite aux serres d'Auteuil, promenade parmi les acanthes, arbustes à fleurs d'origine sud-américaine. Des couleurs, des formes, des odeurs : un voyage énivrant à la rencontre d'une nature riche.

?

Pachystachys lutea : ne dirait-on pas une belle coupe de glace avec de la chantilly ?

Ruellia elegans ou ruellia chartacea
et beaucoup d'autres encore... Une régalade.
En France, le pissenlit ou dent de lion (taraxum) a une connotation particulière. Larousse en a fait un symbole pour son dictionnaire : « Je sème à tout vent ».
Si les feuilles et la fleur de pissenlit sont comestibles, la racine par contre ne l’est pas, du moins l’expression « manger les pissenlits par la racine » nous fait croire que nous ne sommes plus à même de goûter cette plante.
En mangeant les fleurs et les feuilles de pissenlit en salade :
les dents de lion
fleurissent dans mon assiette
plus tard la racine
*
Pour les Japonais, le tanpopo 蒲公英 ou tsuzumigusa 鼓草, n’est qu'une plante à fleur jaune ou herbe à tambour fleurissant au printemps.
CHIYOJO
たんぽぽや
折々さます
蝶の夢
tanpopo ya / oriori samasu / chyô no yume
les pissenlits
de temps à autre réveillent
les papillons de leurs rêves
*
SENSEISUI
たんぽぽたんぽぽ砂浜に春が目を開く
tanpopo tampopo sunahama ni haru ga me o hiraku
pissenlits, pissenlits
sur la plage
le printemps ouvre les yeux
*
SAITO
たんぽぽ茎
短し天しんに
青き穴
tanpopo kuki mijikashi tenshin ni aoki ana
la tige du pissenlit est courte
un trou bleu
au plus haut point du ciel
Arbuste de la famille des Hydrangeacées (Hortensia, Hydrangée) d’origine japonaise. Son nom, deutzia, vient du botaniste hollandais Johann van der Deutz (18e siècle) qui l’a introduit en Occident. "gracilis" traduit comme "gracieux" ou "mince", se rapporte aux tiges minces. Fleur d'été.
En japonais :
空木 (うつぎ)UTSUGI
卯の花(うのはな)U NO HANA
雪見草(ゆきみぐさ)YUKIMIGUSA
Matsuo Bashô
梅恋ひて
卯の花拝む
涙かな
ume koite / u no hana ogamu / namida kana
c'est avec des fleurs de deutzies
hélas que je pleure
l'ami des pruniers
*
Kawaï Sora
卯の花を
かざしに関の
晴れ着かな
u no hana o / kazashi ni seki no / haregi kana
tenue d'apparat
pour passer la barrière
sur nos chapeaux des fleurs de deutzie
*
Natsume Sôseki
卯の花や
盆に奉捨を
のせてでる
u no hana ya / bon* ni hôsha o / nosete deru
ah ! les deutzies
je sors en offrir
un vase plein
*bon = fête des morts, a lieu en juillet.
Voilà je me lance. Mon premier et peut-être dernier haïku en japonais. La violette m'a inspirée et m'inspire toujours (Cf. sumire).
思い出し
スミレの色香
夢見哉
omoidashi / sumire no iroka / yumemi kana
la violette, je me souviens
de sa couleur de son parfum-
était-ce un rêve
Viola odorata, la violette odorante, au subtil parfum et à la délicatre robe, fleur tendre de mon enfance.
Chaque printemps, je la retrouvais avec bonheur, fidèle au rendez-vous, redécouvrais cette odeur si exquise qui flattait mes petites narines. J'attendais sa venue avec impatience. Tous les matins, je me levais à la fraîche pour la voir éclore un peu plus. Raffinée, elle ne se dévoilait pas tout de suite la discrète. Quand elle était prête, je la cueillais, ne pouvant résister à son charme. Dans son bel écrin, un joli vase cloisonné, qui trônait sur la table du salon, hélas, elle ne résistait pas longtemps. Vague souvenir, vague de plaisir, sur ses ondes parfumées vogue mon cœur.
la violette-
en respirant son parfum
désir de cueillette
Ce qui explique le choix de ce jour : la violette célébrée au Japon.
de Bashô
山路来て 何やらゆかし すみれ草
yamaji kite / naniyara yukashi / sumiregusa
sentier de montagne
violette - un charme
venu on ne sait d'où
*
de Ryôkan
あげ巻の 昔をしのぶ すみれ草
agemaki no / mukashi o shinobu / sumire sô
tendre souvenir :
la coiffure des enfants –
violettes en fleur
*
de Chiyojo
駈出る 駒も足嗅ぐ すみれかな
kakederu / koma mo hashi kagu / sumire kasa
les chevaux après le galop
reniflent leurs pattes
Ah ! les violettes
*
うつむいた 所が台や すみれ草
utsumuita / tokoroga dai ya / sumiregusa
tête baissée
sur l’autel du bouddha
les violettes
*
根を付て 女子の欲や すみれ草
ne o tsuite/ onnago no yoku ya/ sumire kusa
désir de femme
profondément enraciné
les violettes
*
de Naojo
la cueillir quel dommage !
la laisser quel dommage !
Ah cette violette !