Tombée du jour ou de la nuit

tombée du jour -
les reflets roses des nuages
lentement sur l'eau
*
tombée du soir -
l'aigrette dans la vase
au ras de l'eau

tombée du jour -
les reflets roses des nuages
lentement sur l'eau
*
tombée du soir -
l'aigrette dans la vase
au ras de l'eau

les narcisses
s'écartent l'un de l'autre -
une ouverture


miroir
que de visages perdus -
le printemps renaît
dans la blancheur
du pétale
le moucheron

à terre
cerné de rouille
un pétale blanc

Je suppose que cet arbre fait partie de la famille des palmiers.

Près de l'orangerie, cet arbre sorti depuis peu. Mon regard a suivi le vol de la mésange et je l'ai traquée dans ce fatras de fruits et de palmes, difficile à distinguer, mais... regardez-bien !
cachée
au cœur du palmier
la mésange
La richesse des mots de saison (répertorié dans le sajiki) m'étonne toujours. Nous n'avons pas toujours d'équivalent dans notre langue. Celui-ci par exemple :
花冷え hana-bie = froid des fleurs, désigne le retour du froid qui accompagne d'ordinaire la floraison des cerisiers, avant la venue du beau temps printanier.
J'ôte ma bague -
reste un doigt nu
dans le frimas des fleurs
Mayuzumi Madoka
*
Frimas des fleurs -
dans mon atelier
la chatte vient d'avoir ses petits
Hihara Tsutae
Le poème court japonais d'aujourd'hui (Poésie Gallimard 2007).
Pas toujours fidèle à mes engagements, le papillon étant butineur, j'essaie de mettre subrepticement un mot de saison (kigo) dans mes haïkus, parfois léger, parfois lourd, souvent absent. 花曇りhanagumori = fleurs sous les nuages. Quelle merveille ! Il existe un mot, alors que nous français y mettons une périphrase. Visions matinales :
coups de balai -
la pie sous le prunier
frémissant
*
matin couvert
le prunier agite
ses dernières fleurs
une variante :
hanagumori
tempête dans un vert
vague de rose
*
soupe de pétales -
le balayeur et son râteau
l'avalent à grands coups

printemps au sol -
les fruits du catalpa
la fleur de cerisier

le sol
sous le catalpa
jeu de mikado