campanules blancs

au bord de l'étang
les campanules plus blancs
dans le couchant

sur le prunier*
la fleur déshabillée
par le bourdon
~
mirobolant
le bourdon
sur le prunier blanc
* prunier myrobolan (prunus cerisafera)

le mûrier nu
regarde sa verdeur
s'en aller

marée verte
le mûrier blanc tout nu
sans ses feuilles

clarté
dans la nuit
elle est là

lueur blanche
la lune derrière
le nuage

encre noire
sa rondeur blanche
apparaît

hanamichi*
la lune dans sa splendeur
efface toute noirceur
* hanamichi : chemin de fleurs, passage des acteurs de nô et de kabuki avant d'entrer en scène. Lieu où ils se font admirer et applaudir avant leur prestation.

sous le mûrier
le son des flocons goutte
sur les chaises
~
le mûrier blanc
sa grande feuille jaune
sur la chaise
~
aucun mouvement
une goutte puis l'autre
sous le feuillage

l'escargot s'affranchit
en passant la barrière
des couleurs
*
l'escargot
franchit la porte
une larme
Grandiflora
grande fleur épanouie
offerte à tous
dans l’éclat
de sa blancheur
un butineur

elle perd ses pistils
peu à peu
sa peau se colore
son teint se brouille

de satinés
à rêches
ses pétales rouilles

recroquevillée
la grande fleur
enferme sa beauté
Je vous laisse savourer ces trois fruits juteux à merveille : à la sensualité de l'une, aux envies de meurtre de l'autre, à la douceur de la troisième.
de Toshiko Tonomura (1908-2000)
白桃に唇濡れしまま笑ふ
hakutô ni kuchibiru nureshi mama warau
les lèvres mouillées
du jus de pêche blanche
je ris
de Masajo Suzuki (1906-2003)
白桃に人刺すごよく刃を入れて
hakutô ni hito sasu gotoku ha o irete
la lame pénètre
la pêche blanche
comme pour poignarder
de Takako Hashimoto (1899-1963)
白桃に入れし刃先の種を割る
hakutô ni ireshi hasaki no tane o waru
coupant la pêche blanche
la pointe du couteau
casse le noyau
Du rouge aux lèvres, traduction de Makoto Kemmoku et Dominique Chipot (La table ronde 2008)
dans la blancheur
du pétale
le moucheron

à terre
cerné de rouille
un pétale blanc
