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basho
1 décembre 2009

33 techniques de haïku

Relevé de Jane Reichhold dans Bashô the complete haïku (livre en anglais).

1. l'association
2. la comparaison
3. le contraste
4. le lien proche
5. le lien éloigné
6. la métaphore
7. la comparaison (différente de précédemment)
8. la rime
9. le croquis
10. le zoom avant
11. la devinette
12. le paradoxe
13. le double sens
14. le calembour
15. le jeu de mot(s)
16. l'humour
17. la pseudo-science
18. le changement sensoriel
19. le "kasuri" ou la "para-rime"
20. la création de mot(s) nouveau(x)
21. la torsion
22. le pivot
23. la référence littéraire ("honki-dori")
24. la réponse à un autre poème
25. la narration d'un acte admirable
26. cacher l'auteur
27. cacher le sujet
28. sabi
29. wabi
30. yugen
31. "dessus comme dessous"
32. trouver le Divin dans le Commun
33. la légèreté ("karumi")

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1 décembre 2009

Haïku d'automne - Bashô

雲をりおり人をやすめる月見かな

kumo ori ori / hito o yasumeru /tsukimi kana

les nuages de temps en temps
accordent une pause
à ceux qui contemplent la lune

25 novembre 2009

Bashô le fou de poésie

BASHO_frederiClement_site

Vient de sortir (octobre 2009)

A s'offrir ou à offrir en cadeau de Noël, ce jolivre pour enfants et grands enfants, édité chez Albin Michel jeunesse, 18 €.

Une belle histoire contée par Françoise Kerisel, et illustrée superbement par Frédéric Clement, que l'on déroule au fil des saisons et des haïkus de Bashô. Illustrations sur 2 pages dont une que l'on déplie.

isbn-13 : 978 2 226 19339

site de Frédéric Clement : http://www.fredericlement.net

29 juin 2009

Haïkus d'été

音いっぱいにして虫籠の軽さかな
oto ippai ni shite mushi-kago no karosa kana

la cage à insectes
emplie de chants
reste légère [Ayaka]

~

闇の夜とすごく狐下這う玉真桑
yami no yo to sugoku kitsune shita bau tama makuwa

par une mystérieuse nuit sombre
un renard rampe sur le sol
pour un magnifique melon [Bashô]

~

石垣にかくれゆきたる馬陸かな
ishigaki ni kakure yukitaru yasude kana

sur le mur de pierre
il avance caché
un mille-pattes [Chie]

~

水の書き水の消したり杜若
mizu no kaki mizu no keshitari kakitsubata

l'eau les dessine
puis l'eau les efface
les iris [Chiyo-ni]

~

さびしさや一尺消えて行く蛍
sabishisa ya isssaku kiete yuku hotaru

tristesse
l'espace d'une paume
la luciole disparaît [Hokuchi]

~

昼の蚊たたいて古新聞よんで
hiru no ka tataite furushinbun yonde

frappant les moustiques
en pleine journée
avec le vieux journal que je lis [Hôsai]

~

草をかりすすむ我肩の青空
kusa o karisusumu waga kata no aozora

Je continue à faucher
Sur mes épaules
Le ciel d'azur [Ippekirô]

~

汗拭て墓に物がたる別哉
ase fuite haka ni monogataru wakare kana

essuyant ma sueur
avec la tombe je m’entretiens
lors de mes adieux [Issa]

19 juin 2009

Kigo d'oiseaux de printemps

Parmi les kigo d'oiseaux, ceux du printemps relevé dans les recueils ou almanachs de poésie au Japon, semblent très imagés. Les plus courants :

haru no tori 春の鳥 (はるのとり) : oiseau de printemps.
ou shunkin 春禽(しゅんきん)

yobukodori 呼子鳥 (よぶこどり) : oiseau qui appelle (Yobukodori, nom d’une Geisha renommée du 18e siècle).

momochidori 百千鳥 (ももちどり) : mille petits oiseaux, toute sorte d'oiseaux.

hanadori 花鳥 (はなどり) : fleurs et oiseaux (association).

de [Matsuo Bashô]

蠕蝠も出ようき世花に鳥
kômori mo ideyo ukiyo no hana ni tori

même les chauve-souris
sortent vers ce monde
de fleurs et d'oiseaux

kaodori 貌鳥、顔鳥 (かおどり): oiseau de printemps, beaux oiseaux.
et kaoyodori 貌よ鳥(かおよどり, kaodori 容鳥(かおどり, hakodori 杲鳥, 箱鳥(はこどり)mentionnés dans les almanachs de l'époque Héian. Leur sens n'est pas clair, peut-être s'agit-il d'un coucou.

saezuri 囀 (さえずり) : chant d’oiseau, gazouillement, pépiement.
saezuru 囀る(さえずる): oiseau qui chante, pépie, etc.

de [Eien]

雲に波たてて囀る雲雀かな
kumo ni nami tatette saezuru hibari kana

elle produit des rides
sur le nuage, avec son gazouillis
l'alouette

tori no tsumagoi 鳥の妻恋(とりのつまごい): oiseau aimant sa femme.

tsuru no mai 鶴の舞(つるのまい): danse des grues.

oyadori 親鳥(おやどり): oiseau parent.
kodori 子鳥(こどり) : oisillon, bébé-oiseau.
suzume no ko 雀の子 (すずめのこ : bébé moineau.

Les différents oiseaux : uso 鷽 (うそ) : le bouvreuil, hoojiro 頬白 (ほおじろ : le bruant (japonais), kikuitataki 菊戴 (きくいただき) : le roitelet huppé et matsumushiri 松毟鳥(まつむしり), kawarahiwa 河原鶸 (かわらひわ) : le verdier (oriental).

hiki zuru 引鶴 (ひきづる) : la grue qui migre, hikigamo 引鴨 (ひきがも) : le canard migrateur, kamo kaeru 鴨帰る(かもかえる): le canard de retour. et yuku kamo 行く鴨(ゆくかも).

de [Hekigodô]

雲早き空になりけり鳥渉
kumo hayaki sora ni narikeri tori wataru

les nuages voguent rapides
dans le ciel que traversent
les oiseaux migrateurs

umineko 海猫 (うみねこ) : mouette à queue noire.
umineko wataru 海猫渡る (<うみねこわたる) : mouette migrante.

yamadori 山鳥 (やまどり) : faisan scintillant (traduction littérale : oiseau de montagne).

haru no mozu 春の鵙 (はるのもず) : pie-grièche au printemps.

tori sakaru 鳥交る (とりさか) : oiseaux s'accouplant.
tori tsurumu 鳥つるむ(とりつるむ)
tori tsugau 鳥つがう(とりつがう)

de [Takeda]

大きゅの庭の広さや鳥盛る
o kyu no niwa no hirosa ya tori sakaru

Qu'il est grand le terrain
Du palais du roi, très grand !
Des oiseaux s'accouplent..

suzume sakaru 雀交る(すずめさかる): moineau s’accouplant.

sugumi 巣組み(すぐみ) : construire un nid
su gomori 巣篭り(すごもり : oiseaux dans le nid
sugakure 巣隠れ (すがくれ) : cachés dans le nid
sudori 巣鳥 (すどり) : oiseau dans le nid
sudachidori 巣立ち鳥 (すだちどり) : oiseaux quittant le nid.
sudachi 巣立(すだち): quitter le nid.

de [Tsuzuki]

つばめつばめ泥が好きなる燕かな
tsubame tsubame doro ga suki naru tsubame kana

hirondelle, hirondelle
comme tu aimes employer la boue
pour ton nid d'hirondelle

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25 octobre 2008

L'automne au masculin

Bashô : 色付や豆腐に落ちて薄紅葉

irozuku ya /tôfu ni ochite/ usu momiji

elle change de couleur
en tombant sur le tôfu
la fine feuille d'automne

Buson : 淋しさのうれしくもあり秋の暮

sabishisa no / ureshiku mo ari / aki no kure

dans la solitude
il y a de la joie aussi
crépuscule d'automne

Dansui : ほたほたと椿の落つる朧月

hotahota to / tsubaki no otsuru / oborozuki

doucement
tombe une fleur de camélia
la lune voilée

Hosai : 夜中菊をぬすまれた土の穴ほつかりとある

yônaka kiku o / nusumareta tsuchi no ana /hotsukari to aru

pendant la nuit
quelqu'un a volé un chrysanthème
à la place un large trou

Ryokan : 秋ひよりせむ羽すずめのはをとかな

aki hiyori / senba suzume no / haoto kana

Le ciel d’automne
des milliers de moineaux –
le bruit de leurs ailes

Santoka : 掃くほどに散るほどの秋深く

haku hodoni / chiru hodono / aki fukaku

à mesure que je balaye
les feuilles tombent
automne profond

Shiki : 灯ともせば灯に力なし秋の暮

hi tomoseba / hi ni chikara nashi / aki no kure

allumant la lampe
la lumière n'a pas de force
soirée d'automne

Sôseki : 肩に来て人懐かしや赤蜻蛉

kata ni kite / hitonatsukashi ya / akatonbo

la libellule rouge
sur mon épaule s'est posée
intime et familière

5 octobre 2008

L'étroit chemin du fond, Bashô (Alain Walter)

Oku no hoso michi 奥の細道 : L'étroit chemin du fond

Texte bilingue : introduction, traduction, notes et commentaires par Alain Walter, professeur de littérature comparée, enseignant la littérature japonaise classique à l'Université Michel-de-MontaigneMichel-de-Montaigne à Bordeaux.
William Blake & Co. Edit. 2008 - ISBN 978-2-84103-163-4

Un livre qui s'adresse aux spécialistes. Il est difficile de se retrouver dans toutes ces notes, mais une étude approfondie intéressante. Lors de son voyage, beaucoup des hokku composés par Bashô avait à l'origine une fonction sociale d'adresse ou de réponse ou d'adieu. Cette convivialité toujours renouvelée, ces échanges poétiques, ces réunions amicales où l'on cuisine l'aubergine et savoure le melon, tout en se prélassant après les épreuves du chemin ne sont pas le moindre charme de L'étroit chemin du fond. Ce tercet, lors de la séparation d'avec un amateur rencontré en chemin :

物書きて扇引きさく余波哉
mono kakite ôgi hiki-saku nagori kana

Choses griffonnées
sur l'éventail qu'on déchire et se partage :
quel souvenir d'adieu

Notes

Mot de saison : à partir de l'expression ôgi oku - poser l'éventail, qui indique l'automne au septième mois lunaire. Bashô crée un mot de saison plus personnel tirer et déchirer l'éventail - ôgi hiki-saku.

Dès le début de l'été, l'éventail apparaît au Japon dans toutes les mains, et on ne le range qu'avec les premières fraîcheurs de l'automne.

Mais dans ce tercet, Bashô, tout en esquissant le soulagement éprouvé avec ce rafraîchissement de l'atmosphère, rend compte d'une manière originale et vivante sa connivence poétique avec son compagnon de voyage du moment. Les deux hommes en cheminant ont improvisé des poèmes, composé peut-être un bout de poésie enchaînée (renku), et tout cela a été griffonné sur l'éventail du poète. Maintenant qu'ils se quittent, Bashô propose de déchirer en deux l'éventail pour que chacun en garde une moitié en souvenir de ces jours de poésie et d'amitié. On peut même imaginer qu'il conservera la partie de l'éventail où Branche-du-Nord a écrit alors que celui-ci recevra la portion où se trouvent les tercets du maître. Beau cadeau d'adieu, en vérité !

27 juillet 2008

Nouveautés

  • Zen à pas comptés, de Taneda Santoka - édition bilingue français-japonais illustrée par Masayuki KAI, traduit pas Akie Boulard, comprend 74 haïku et les extraits de Journal de pratique de la mendacité (Éditions Arichi, 2008) .
    ISBN N°2-91 3590-17-9

  • Basho the complete haiku, traduit par Jane Reichhold, illustré par Shiro Tsujimura - édition Kodansha internatial 2008, bilingue anglais-japonais. Biographie, glossaire, chronologie, etc.
    ISBN978-4-7700-3063-4
8 janvier 2008

Bashôtage

冬池や
蛙飛び込む
氷の音

fuyu ikeya / kawazu tobikomu / kôri no oto

étang en hiver
une grenouille saute
un bris de glace

2 janvier 2008

Bashô (1644-1694) : glace nocturne

瓶割る夜の氷の寝覚め哉

game waruru / yoru no koori no / nezame kana

glace nocturne
la cruche qui éclate
me réveille

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