mercredi 14 mai 2008
Route de la Picardie
Quelques jours de repos pour faire un somme en baie de Somme. La route picarde est jalonnée de champs de colza, les façades en briques sont couvertes de réclames anciennes et de glycine. Les vaches paissent ou ruminent tranquillement, normande, nivernaise, hollandaise. Le regard sur la campagne et ses cultures, un bol d'air printanier et bucolique.
pays de Bray
aucun âne ne crie -
culture de colza
*
sur la brique rouge
une vieille réclame
Dubonnet
Une route buissonnière avec des arrêts fréquents pour photographier et une halte-déjeuner près d'une forêt de chênes, avec un repas frugal au parfum de robinier.
halte déjeuner -
près des genêts les graines
se déchaînent
*
le bourdon
rassasié
du bouton d'or
Arrivée dans le marais d'Ault, réserve d'oiseaux gratuite (le parc du Marquenterre étant payant), une faune inattendue : les vaches.
le taureau
sur la génisse -
vaches étiquetées
Mais les oiseaux sont au rendez-vous. Les premiers vus ce sont les cygnes dans les canardières.
plan d'eau -
au milieu des appeaux
un cygne
*
couvant
dans les ajoncs
un cygne
*
la brise
emporte
le dialogue
des grenouilles
De nombreux étangs visibles ou perceptibles de la route. Sur l'un d'eux, quelques îlots de terre couverts d'oiseaux : cygnes, bécasses, avocettes, chevaliers aboyeurs, aigrettes, foulques, poules d'eau, etc. Dans le ciel les vanneaux voltigent puis se posent au milieu des cris, au loin des meuglements.
lac des cygnes -
des chevaliers aboient
au ras de l'eau
Les jumelles ne me permettant pas de photographier les oiseaux, je n'ai fait de photos que de chevaux, le henson de la baie de Somme, rencontrés plus tard dans la ballade.
lundi 28 avril 2008
Première sortie de l'orangerie
Six mois ont passé. Les arbres sont restés tout l'hiver dans l'orangerie et commencent à sortir en ce début de printemps. Leur lente procession sur fardier, transpalette et autres engins de levage durera une quinzaine de jours, le temps de vider complètement l'orangerie et de trouver leur place dans le jardin. Un retour très attendu et une cérémonie saisonnière qui me laisse toujours émerveillée. Comment ont-ils passé l'hiver ? Ont-ils grandi, se sont-ils étoffés de nouvelles feuilles ou fruits ?
Tellement pressée de me rendre sur les lieux, j'ai failli ne pas voir le dattier déjà sorti, sur mon chemin.
dattier
et bigaradier
les premiers sortis
*
orangerie -
le washingtonia
déjà dehors
Ayant emporté mon déjeuner au jardin, je me suis installée derrière une haie, face à l'entrée de l'orangerie, pour surveiller de loin les allées et venues des jardiniers sans les gêner. Assise sous les paulownias près des joueurs d'échecs, je jetais de temps en temps un œil sur cette activité débutante.
derrière la haie
le bruit des engins de levage -
une tête d'olivier
Pendant ce temps, les oiseaux aussi restaient actifs, très attirés par les fleurs bleues des paulownias, ils se sont succédés sur la même branche. Les clochettes bleu-mauve jonchaient le sol tout autour, pas toujours flamboyantes.
sur le paulownia
corneille pigeon merle
se succèdent
*
une passante -
la chute d'une fleur
de paulownia
Sans perdre de vue le trafic des arbres ambulants, mes yeux tournés vers l'orangerie :
les branches
du palmier passent la porte
en se balançant
*
embouteillage
au retour du fardier -
place au bigaradier

Ma pause-déjeuner terminée, je suis repartie en suivant le trajet inverse des arbres. Le dattier déposé près du bassin, semblait abandonné sur place.
le grand palmier
planté
dans l'allée
Cf. retour au bercail en octobre
mardi 1 avril 2008
Ne mégotons pas
Chaque jour mes pas traversent un espace fumeur. Sa particularité : son bac à fleurs. Changées régulièrement, elles sont le reflet des saisons (pensées, jacinthes, etc.), mais hélas aussi celui des fumeurs, fumeurs de la pause-café ou de la pause-thé.
gobelets
mégots
pensées ailleurs
cigarettes
face aux jacinthes -
volutes
Les poubelles transparentes se remplissent de gobelets et les cendriers de mégots. Le matin elles sont pleines de ceux du soir et le soir de ceux du matin. Au fil des jours, l'agacement point.
gobelets
elle ne peut plus
les gober
vendredi 15 février 2008
Déplacement
Avec le beau temps, les artistes sont dehors malgré le froid. Musiciens, peintres, jongleurs occupent la scène. Touristes et parisiens traînent avec nonchalance jusqu'au coucher du jour et de ses dernières lumières. Le pont lieu de croisement, lieu de rencontre, lien entre les cultures, lien entre deux rives. Chaque jour une nouvelle traversée, un nouveau voyage.
sous le soleil
et dans le froid
artistes et touristes
se côtoient
langues de bois
*
journée de printemps
les peintres sont de sortie
vent dans les toiles
*
du koto à la flûte
un pont






