mardi 14 juillet 2009
Feux d'artifice
Tous les feux d'artifice ne se ressemblent pas. Celui de ce quatorze juillet se distingue des autres parce qu'il est tiré de la tour Eiffel, contrairement aux autres années, et surtout parce que notre dame de fer a cent vingt ans et que les artificiers ont su la rendre encore plus belle.
L'important pour voir un feu d'artifice dans de bonnes conditions, quand on n'aime pas les bains de foule, est de trouver un emplacement calme où l'on puisse voir sans être gêné par Pierre Paul ou Jacques.
En repérage la veille, nous avons découvert en faisant le tour du lac supérieur au bois de Boulogne, une trouée entre les arbres d'où l'on pouvait la voir et le voir.
Ce soir à 22h en place pour le spectacle. Nous ne sommes pas les seuls, mais nous ne sommes guère plus de dix. Il fait doux, la nuit n'est pas encore tombée, assis dans l'herbe devant le lac, nous regardons les reflets dans l'eau, les essais de lumière de la tour qui scintille à un moment puis s'éteint et les lapins qui jouent.
en attendant
la tombée de la nuit
les lapins jouent
La tour Eiffel nous a fait un très beau balai (;-). Sa colonne s'éclaire du bas vers la tête, puis des fusées latérales partent comme des comètes. Ces lumières dorées embrasent le ciel horizontalement puis verticalement. Hormis les fleurs et bouquets classiques rouge ou bleu, c'est innovant.
des comètes
de chaque côté
de la tour
La dame de fer garde la tête haute même dans la fumée terminale, lorsque tout s'éteint. Un reflet dans l'eau du lac.
la nuit
recouvre le lac
à nouveau
Tandis que les sons éloignés des feux arrivent jusqu'à nous, des chanteurs de karaoké s'exercent dans l'île. La fête continue avec les feux d'artifice des communes alentours, Suresnes, Puteaux, qui commencent à tirer avec un léger décalage. Si bien que la tour Eiffel éteinte, Suresnes pétait suivi de Puteaux.
entourés de feux
la nuit pétarade
en couleurs
vendredi 5 juin 2009
thème récurrent
Au fil des jours et des mois, des images du quotidien reviennent, un peu différentes, souvent rituelles. Le conscient se réveille ou s'endort, mais les êtres que l'on croisent chaque jour, sans visage mais en uniforme, restent là, présents.
le frôlement
de sa mitraillette
contact froid
~
petit déjeuner
au bout de sa mitraillette
le sac de croissants
samedi 25 avril 2009
fleur de paulownia
Sous les paulownias, les joueurs d'échecs au soleil, ne profitent pas encore de l'ombre de ces grands arbres nus. Sur les branches, les premières panicules dressées ne se voient pas à contre jour. Attirée par une tache violette sur le sol, je découvre cette fleur de paulownia déjà tombée. La première.
un doigt de gant
détaché de sa main
velours violet
mardi 31 mars 2009
A l'aventure
A. est venue me dire qu'il ne faut pas se promener seule dans la montagne. C'est dangereux. Le mari de F. m'a vue.
Les yeux sont partout, vous ne le savez pas, mais ils vous voient.
Le seul danger rencontré ce sont ces fleurs inconnues. Une belle aventure.
invisibles
sont les yeux
découverte
mercredi 1 octobre 2008
Plantes odorantes
Pour quelques jours à l'orangerie du Luxembourg une exposition de plantes odorantes. La veille de l'ouverture, les jardiniers mettent la dernière touche.
étiquettes
répertoire de fleurs
sur les pots
*
fragrances de sauge
le vol du papillon blanc
en éclaireur
Près des joueurs d'échec, un distillateur de lavande.
parfum de lavande
son paquet d'ordures
dans la poubelle
Le jour de l'ouverture :
pots d'échappement
jusqu'aux pots de fleurs
course aux parfums
*
senteurs multiples
les visiteurs reniflent
chaque plante
*
l'absolue
les fleurs de l'olivier*
au parfum d'abricot
*
feuille veloutée
le pélargornium
extrait de rose
*
la mouillette
dans le flacon d'essence
narines dilatées
*
note de cœur
la languette parfumée
à l'oranger
*
déjeuner
à l'ombre du dattier
effluves de plantes
*
note de tête
le ylang-ylang
entêtant

* olivier odorant, originaire de Chine et du Japon (Osmanthus fragrans, 銀木犀 ginmokusei) l'absolue la plus onéreuse en parfumerie.
jeudi 25 septembre 2008
Poissons de la capitale

une feuille
traverse la foule
de poissons
*
poissons groupés
des puces d'eau sautent
par-dessus
*
les feuilles tombent
sur la tête des poissons
aucune blessure
*
les poissons
dans la vasque de bégonias
corolle rouge
*
ballet nautique
les poissons multicolores
en rang serré
*
la carpe noire
coupe la réunion
de poissons rouges

dimanche 17 août 2008
Bois de saint Cucufa (1)
Chaleur en ville. Pour fuir, le bois rafraîchissant de saint Cucufa et son étang.
le canard
après lissage
s'endort
*
immobile
le héron sur la branche
se balance

risées brillantes
le nuage efface
l'eau
*
son de la pierre
frappements répétés
de la coquille
*
frappée
contre la pierre
la coque se brise
*
au bout du bec
la dépouille torsadée
de l'escargot

sorti de force
de sa coquille
l'escargot

lundi 11 août 2008
Train des vacances
Partie une semaine au bord de la mer, j'ai renoué avec les voyages en chemin de fer et l'ambiance des gares, jour de grand départ.
yeux rivés
sur le tableau d'affichage
les voyageurs
*
valises bagages
et sacs roulent sur les pieds
sans s'arrêter
*
destinations
le numéro du quai s'affiche
ruée des voyageurs
*
remontant le quai
jusqu'à la voiture 17
mes bagages
Trois heures de rail pour arriver à bon port. Consignée devant le paysage, le temps change.
le nuage chien
suit la route du train
il ne pleut pas encore
*
du train
je regarde passer les vaches
elles dorment
Et puis c'est l'heure de la saucissonade pour tous. La vitesse du TGV n'a pas changé les mentalités.
crispies saucisson
chips paquets éventrés
sur les tablettes
*
déjeuner
les tablettes se remplissent
d'odeurs multiples
*
froissement d'alu
la mère range les restes
du pique-nique
Un voyage rapide et sans fatigue qui me conduit en Bretagne.
jeudi 31 juillet 2008
Déclaration de vacance
Chichin, dans sa séance du jour, déclare vacant son fauteuil pour une période indéterminée.
Au plaisir de vous retrouver sur le chemin, un jour ou un autre, Inch'Allah.
la chaleur
traverse la cour
jusqu'à l'ombre
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mardi 24 juin 2008
Promenade picarde
Invités par les éditions L'iroli à Plouy-Saint-Lucien pour le festival de la micro-nouvelle et le lancement de l’ouvrage Sur la pointe des pieds, de Damien Gabriels et Paul de Maricourt (21-22 Juin 2008), me voici en route pour le beauvaisis.
route de Beauvais
les papillons invisibles
dans les buddleias
*
théâtre -
sur le parking
un étourneau
" Les mots pour voir ", thème du débat de l'après-midi, se termine par les mots pour boire, avec un verre offert par la municipalité à l'occasion de l'exposition de dessins accrochés dans le hall du théâtre, et aussi, des rencontres-surprise.
Puis, chaleur oblige, j'ai préféré la promenade littéraire au kukai. Une ballade dans les rues de Beauvais sur le thème de la chanson, accompagnée de deux auteurs.
bruit de l'eau
la branche du mûrier
dans la chanson
*
pause lecture -
dans le silence des mots
un quart de soupir
La soirée se termine au restaurant "Les vents d'anges", près de l'église Saint-Étienne.
nuit d'été -
dans les vapeurs de l'alcool
le donjon éclairé
*
fête de la musique -
deux mobylettes passent
en pétaradant
*
nuit d'été -
les vents d’anges laissent passer
les nuages
*
nuit d'été -
tous en contemplation
devant le ciel
*
fête de la musique -
une nouvelle langue
d’abordage
*
Rob enrobé
de pétales de rose
nuit d'été
Le lendemain à Plouy-saint-Lucien, déjeuner sur la place, à l'abri des érables à feuilles de platane.
cocktail d'auteurs
sur la pointe des pieds
l'ombre des érables
*
olives cerises
les noyaux disparaissent
sous les érables
L'après-midi se passe entre les différents étals de livres, dans la gaité et la chaleur. Les canards font la sieste près de la mare.
coin tranquille
la cane à peine dérangée
par les engueulades
*
petit coin
bâillement de la cane
endormie
*
sur le banc
un feuilleté de poésie
vole au vent
Pour clôturer le festival, Isabel annonce le sujet du concours de la micro-nouvelle pour 2009 : " Longtemps je me suis... " en 1000 mots, et la suite commence à fuser de toutes parts. Un début de délire nekoesque :
longtemps je me suis
lavée à l'eau de javel
mes os ont blanchi
j'ai perdu les eaux
d'un cadavre exquis...









