jeudi 5 novembre 2009
Sur le chemin de la mort, de Henri Michaux
Sur le chemin de la Mort,
ma mère rencontra une grande banquise ;
elle voulut parler,
il était déjà trop tard,
une grande banquise d'ouate.
Elle nous regarda, mon frère et moi,
et puis elle pleura.
Nous lui dîmes – mensonge vraiment absurde – que nous comprenions bien.
Elle eut alors ce si gracieux sourire de toute jeune fille,
qui était vraiment elle,
un si joli sourire, presque espiègle ;
ensuite, elle fut prise dans l'Opaque.
le vent
le vent se rit de l'eau
le vol-au-vent du veau
Sur le bassin
sur le bassin
la voile vendéenne
du fier petit-fils









